L’élaboration du plan stratégique de développement, c’est aussi notre affaire

La communauté collégiale travaille actuellement à l’élaboration d’un nouveau plan stratégique de développement. C’est dans le cadre de cet exercice que seront établis les grands principes qui conduiront les actions des divers acteurs et diverses actrices du collège pour les années à venir. En tant qu’enseignants et enseignantes, notre participation aux consultations est cruciale car, si notre mobilisation est substantielle, nous pourrions faire inscrire à ce plan stratégique quelques orientations qui, s’arrimant avec nos pratiques et nos valeurs, s’avèreraient inspirantes et stimulantes. À l’inverse, se désintéresser de ce processus laisserait à une poignée d’individus le pouvoir de définir les objectifs qu’on nous demandera de poursuivre pendant les prochaines années.

Plusieurs d’entre vous avez sans doute procédé aux consultations sur le bilan du plan stratégique précédent. À sa lecture, vous avez peut-être éprouvé une certaine difficulté à y reconnaître nos pratiques quotidiennes et fondamentales qui tendent vers la mission du collège, notamment offrir « une formation et des services d’excellente qualité dans un milieu de vie chaleureux et enrichissant ». Bien sûr, ce type de document vise plutôt à démontrer, par une avalanche de chiffres et de réalisations rattachés à des orientations fourre-tout, que le Collège est une « entreprise dynamique ». Taux de toute sorte, travaux d’infrastructures, évènements glamour, adoptions et révisions de politiques, partenariats, développement techno-pédagogique, augmentation de l’offre de formations… Bref, un bilan qui nous amène parfois à nous demander si notre travail élémentaire, l’enseignement général et professionnel, est véritablement la raison d’être de notre Collège.

Il est à prévoir que la direction, les administratrices et administrateurs issus de l’entreprise privée chercheront pour leur part à intégrer au futur plan stratégique deux orientations qui leur sont chères.

Poursuivre sur la voie de l’enseignement à distance

La première consiste à poursuivre de manière encore plus marquée la formation à distance (FAD). Hélas perçue par plusieurs comme la voie de l’avenir pour le milieu de l’éducation, la FAD épouse une logique de compétitivité entre les établissements, ce qui s’avère très stimulant pour ceux et celles désirant vendre de l’éducation, dans la mesure où l’offre à distance est une façon de rejoindre une « clientèle » plus nombreuse en se positionnant sur un « marché » plus vaste. Tout porte à croire que les tenants de l’enseignement à distance insisteront pour rentabiliser les investissements réalisés au cours des dernières années : embauche de personnel cadre et professionnel sur une base permanente, aménagement de salles de classe, instauration d’une nouvelle plate-forme réseau. Les résultats mitigés des expérimentations de la dernière décennie ne suffiront pas à ralentir les ardeurs de la direction dans ce dossier.

Rép0ndre aux besoins de l’entreprise privée

Pour ce qui est de la seconde orientation préconisée par la direction, tout porte à croire qu’elle consistera à répondre aussi efficacement que possible aux attentes du nouveau gouvernement caquiste qui perçoit les cégeps comme une institution nécessairement inféodée aux besoins de l’entreprise. À cet égard, les plus récentes communications officielles de la direction générale ne mentent pas. La façon de vanter la place qu’occupe le cégep comme « acteur incontournable du monde minier » en est le meilleur exemple. Par ailleurs, l’alarme retentissante (mais qui doit être nuancée) de la pénurie de main-d’œuvre nous porte à croire que des efforts particuliers seront déployés pour répondre rapidement à l’appétit de l’entreprise qui demandera, avec insistance, des diplômés « usinés » en un temps record pour combler des postes à des fins bien spécifiques, délaissant du coup la formation citoyenne et la place de la culture générale. Selon cette approche, les programmes pré-universitaires, les techniques “humaines” et la formation générale risquent d’en pâtir.

À nous de jouer!

En conclusion, même si le prochain plan stratégique de développement risque d’inclure des orientations qui s’éloignent de nos valeurs éducatives ou qui n’auraient pas nécessairement été privilégiées par l’ensemble de la communauté collégiale, il est tout de même possible d’y inscrire ici ou là nos aspirations. Par la participation active aux consultations et par la mobilisation à chacune des étapes cruciales du processus, nous pouvons faire en sorte de nous reconnaître un tant soit peu dans les priorités institutionnelles des prochaines années. Le repli et la passivité ne pourront que laisser à d’autres le soin de définir des orientations qui, pour nous, risquent de demeurer vides de sens ou démobilisantes.

 

Gardez l’œil ouvert, l’équipe du SEECAT vous tiendra informés des consultations à venir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *